Transition énergétique, et si nous parlions sobriété !

La transition énergétique est bien souvent vue uniquement sous l’angle de l’efficacité énergétique. Pourtant, elle repose sur une subtile équation entre efficacité et sobriété.

Tout part d’un paradoxe. D’un côté, nos sociétés consomment, surconsomment y compris les ressources énergétiques. De l’autre, elles prennent conscience de la raréfaction des ressources, du bouleversement climatique et des contraintes sociétales et économiques qui en découlent.

De l’ébriété à la sobriété énergétique

Le concept de « sobriété énergétique » est né du constat de ce paradoxe.

Pour l’association Virage Énergie, spécialisée dans le déploiement de politiques de sobriété énergétique, cette dernière est une démarche volontaire et organisée de réduction des consommations d’énergie, par des changements de modes de vie, de pratiques, de valeurs, de comportements et de modes d’organisation collective.

La sobriété énergétique diffère donc de l’efficacité énergétique qui, elle, fait appel exclusivement à des améliorations techniques permettant de réduire les consommations d’énergie, à l’échelle d’un système donné (bâtiment, véhicule, etc.) pour une qualité de service énergétique équivalente.

Quelles politiques de sobriété énergétique pour rev3 ? Mieux vivre et emploi

La sobriété énergétique est pour rev3 une clé d’entrée intéressante pour la création d’un projet de territoire, d’une part par son ancrage dans les pratiques locales et d’autre part, par la réduction des externalités négatives et de leur coût (traitement des pollutions, coûts liés à la santé des populations, etc.) qu’elle engendre. Elle demande aussi bien aux citoyens qu’aux collectivités et aux entreprises d’interroger l’impact énergétique de leurs modes de consommation et de production, de s’interroger sur la façon de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Elle possède de nombreux co-bénéfices tant pour la population (économies d’énergies, santé,…), les entreprises (compétitivité énergie et ressources, coopération inter-entreprises., marketing,…), que pour les territoires et collectivités (changement de logiques d’aménagement du territoire, de modes d’habitat, de régime alimentaire ou de pratiques de mobilité).

Selon l’étude «Mieux-vivre en Hauts-de-France : pour un virage énergétique et des transformations sociétales», publiée en janvier 2019 par Virage Energie, un virage énergétique favorisé par des transformations sociétales créerait durablement des emplois en région.

En cumulant chaque secteur de l’économie régionale étudié (agriculture, industries, construction, services marchands, services administratifs, enseignement, santé-social, culture), le solde est globalement positif, avec près de 128 000 emplois créés d’ici 2050, soit une augmentation de 6 % (à population constante et sans questionner le partage du temps de travail), par rapport aux 2 117 350 emplois que comptaient le Nord-Pas de Calais et la Picardie en 2015.

La sobriété énergétique, un atout pour structurer une politique de territoire vertueuse

Les changements individuels et collectifs vers la sobriété et la mise en œuvre de solutions techniques d’efficacité énergétique permettraient d’atteindre l’adéquation entre les consommations d’énergie du territoire régional et l’offre locale d’énergies renouvelables, avec à la clé, la création d’emplois répartis sur le territoire.

Les bénéfices collatéraux ne manquent pas pour engager un réel virage énergétique à l’appui de transformations sociétales : diminution des dépendances aux ressources naturelles, réduction de la vulnérabilité aux risques technologiques, amélioration de la santé et de la qualité de vie générale des populations et de leur environnement, créations d’emplois durables et de qualité… les résultats vont bien au-delà du seul objectif de réduction des consommations énergétiques.

La sobriété énergétique peut donc devenir pour notre région engagée dans rev3 une politique structurante qui répondrait, en parallèle, aux questions sociales (précarité), environnementales (qualité de l’air, dérèglement climatique…) ou encore sanitaires (alimentation et santé). Cette transformation ne pourra se faire qu’en engageant une réflexion politique démocratique sur les modalités de cette transition, afin qu’elle se fasse équitablement, en associant notamment les personnes en situation de précarité.

Pour aller plus loin :

Virage énergie, association. Contact : Barbara Nicoloso bnicoloso@virage-energie-npdc.org

« Sobriété énergétique. Contraintes matérielles, équité sociale et perspectives institutionnelles » Bruno Villalba et Luc Semal – Octobre 2018
https://www.quae.com/produit/1532/9782759228836/sobriete-energetique

L’association négaWatt. Note 2018 : https://negawatt.org/IMG/pdf/sobriete-scenario-negawatt_brochure-12pages_web.pdf

Etude du cabinet B&L Evolution de décembre 2018 : http://bl-evolution.com/portfolio/comment-saligner-sur-une-trajectoire-compatible-avec-les-15c/

Etude de Carbone 4, de juin 2019, « Faire sa part ? Pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l’État face à l’urgence climatique » http://www.carbone4.com/publication-faire-sa-part/

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