Reinova, le vide-grenier virtuel

Livres oubliés, vieux DVD, livres jamais ouverts : en moyenne, chacun d’entre nous laisse une bonne trentaine d’objets de ce genre prendre la poussière sur ses étagères.  D’autant plus regrettable qu’à l’échelle du pays, la valeur de ces biens culturels atteint 2 milliards d’euros… Bonne nouvelle, la société Reinova se propose de vous les racheter. Et ça, c’est très rev3 !
Deuxième volet du dossier dédié à l’économie circulaire dans la région.

reinova-livresL’économie circulaire, Reinova  connaît bien. L’entreprise porte plusieurs projets qui s’inscrivent dans que Samy Smail et Pierre Jarczak, ses deux fondateurs, ont fait le pari de se lancer  sur une activité pour le moins originale, le re-commerce, ou « commerce inversé », en se  spécialisant dans le recyclage de biens culturels. Grâce à ses trois sites discoo.fr (revente de CD, DVD, jeux vidéos et consoles), revendre-livres.fr et revente-lego.fr, Reinova permet à tout un chacun de faire un peu de place chez lui en se débarrassant de livres ou de disques à l’abandon –  et de gagner un peu d’argent au passage. Pour l’entreprise, « acheter d’occasion est un comportement citoyen qui s’inscrit dans une démarche de développement durable » . Malin, voire impératif pour les moins favroisés : « 31 % des personnes y voient un moyen d’augmenter leur pouvoir d’achat. Mais pour 2 % des Français, le marché de l’occasion est une nécessité absolu », souligne la société.

La  démarche de Reinova, si elle s’inscrit sur cette  tendance de fond, ne se limite pourtant pas à racheter puis à écouler des produits. L’entreprise se charge aussi de leur donner un coup de jeune.  Ainsi, les CD sont tous revendus dans une pochette propre après être passés à la polisseuse pour effacer tâches ou mini-rayures. Reinova revend ce qu’elle achète sur des marketplaces  comme Amazon. Pour vendre un produit à Reinova, rien de plus simple : il suffit de scanner depuis votre smartphone les codes barres des objets concernés à l’aide de l’application. Si le prix d’achat proposé vous convient, il ne reste plus qu’à envoyer – gratuitement – le colis à l’entreprise. Cette dernière reverse alors aux utilisateurs le produit de la vente dans un délai de quinze jours. Le chat a gagné de la place pour s’étaler sur la bibliothèque, et l’internaute un peu d’argent…

Un chiffre d’affaires en hausse constante

Lancé en 2013 par les deux compères dans un loft parisien de 18 m2, l’entreprise a grandi à vue d’œil en déclinant le principe original. « Discoo est notre premier moteur », explique Samy Smail. « Ensuite, nous avons simplement dupliqué le schéma. Nous avons été les premiers en France sur ce créneau, mais des offres équivalentes existent depuis longtemps en Angleterre ou en Allemagne« . Le recommerce a le vent en poupe : les professionnels du réemploi viennent de d’ailleurs de se réunir au sein d’une  fédération, Rcube.

Succès oblige et faute de place, les deux fondateurs de Reinova ont vite dû quitter le petit appartement parisien des débuts pour rejoindre leurs terres natales dans les Hauts-de-France – bassin de la vente par correspondance – et s’installer dans un premier hangar à Lesquin qui s’est rapidement révélé trop petit à son tour… Suite à un crowfunding réussi en janvier dernier, les deux entrepreneurs ont récolté près de 100 000 euros, de quoi ouvrir un deuxième hangar à Mons-en-Barœul et stocker quelques 300 000 articles dont 70 000 livres (tous sites web confondus)…. Le chiffre d’affaires ne cessent d’augmenter : 200 000 euros en 2013, 450 000 euros en 2014 et 800 000 euros en 2015… Un seuil d’ores et déjà franchi cette année 2016 qui fait du pari initial une réussite créatrice d’emplois : quatre personnes travaillent à Lesquin et quinze autres à Mons-en-Barœul.
« C’est notre plus grande satisfaction« , souligne Samy qui rappelle que le parcours de Reinova n’a pas été simple, faute de soutien de la part de banques parfois trop  timides face à des modèles économiques encorne nouveaux. Aujourd’hui, Reinova désire se développer et cherche de nouveaux financeurs et partenaires.

En chiffres

En moyenne, chaque vendeur touche 35 à 40 euros pour une cinquantaine d’objets
2 millions de biens pourraient être revendus, soit trente par foyer français
19 personnes travaillent chez Reinova dans deux entrepôts de 500 m2 chacun
Entre 500 000 et 1 000 000 de produits ont été recyclés chez Reinova depuis 2013

Innover en 2016, c’est aussi faire du neuf avec du vieux. Prêt à vous lancer ? 

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2 commentaires

  1. Becquet Martial Répondre →

    Cette entreprise force le respect de par ces gestes humanitaire.
    En lisant son descriptif, nous avons des envies de partages avec celle-ci .

    Je souhaite longue vie à toutes les entreprises telle que la vôtre y compris votre enseigne bien entendu .
    Mr Becquet Martial

  2. MEISSNER Répondre →

    c’est une très bonne idée …je viens donc de la partager avec mes amis mais à quand une appli qui ne passe pas par ITUNES…tout le monde n’est pas sur iphone ..Certe on peut le faire avec la saisi du code barre sur revendre livre mais c’est moins pratique

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