Economie circulaire : produire autrement, produire malin

Si la Troisième révolution industrielle  repose sur six piliers, deux principes économiques fondamentaux en constituent la double colonne vertébrale. D’un côté l’économie de la fonctionnalité, de l’autre, l’économie circulaire. Premier volet d’une série consacrée à cette dernière et aux structures qui l’accompagnent dans la région.

bouchons-eco-circulaireDe plus en plus couramment utilisé, le concept d’économie circulaire poursuit un objectif simple sur le papier :  repenser les process et les modes de production des entreprises pour les amener à produire des biens et des services en limitant le gaspillage et la consommation de nouvelles ressources. « Il s’agit de déployer, une nouvelle économie circulaire, et non plus linéaire, fondée sur le principe de « refermer le cycle de vie » des produits, des services, des déchets, des matériaux, de l’eau et de l’énergie« , résume-t-on au ministère de l’Environnement. Autrement dit, de sortir de la logique classique « produire, consommer, jeter« , un modèle de moins en moins viable qu’il s’agit désormais de dépasser. Last but not least, l’économie circulaire est au passage un gisement potentiel d’emplois :  en France, le seul secteur de la gestion des déchets représente un gisement de plus de 135 000 emplois.

Besoin de concret ? Prenons le cas d’un t-shirt : dans un modèle circulaire, le vêtement est d’abord produit localement à partir de coton biologique issu du commerce équitable. Cédé par son premier acheteur à une association caritative, il est une fois usé ou déchiré récupéré pour servir à la fabrication d’une garniture de canapé, elle-même transformée en laine d’isolation pour le bâtiment. Au dernier stade, les fibres de coton qui n’ont subi aucun traitement chimique peuvent retourner à la nature sans impact sur l’environnement.

Faire mieux, faire moins, faire autrement

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[avniR]

« Tout est dans tout et vice-versa » : l’économie circulaire a transformé la boutade d’Alphonse Allais en réalité. Elle s’apparente à un cercle vertueux dans lequel chaque flux doit être utilisé à son plein potentiel, à chaque stade de la vie d’un bien ou d’un service. Ainsi, le principe d’écoconception vise à prendre en compte l’ensemble des impacts environnementaux d’un produit, de sa naissance à sa disparition, en les intégrant dès sa conception. Dans un souci environnemental, sa production doit ensuite s’organiser en fonction du territoire qui environne l’entreprise réseaux, ressources, caractéristiques du tissu socio-économiques… L’écologie industrielle et territoriale ainsi mise en place aboutit à une gestion optimisée des stocks et des flux de matières comme de l’eau ou de l’énergie. A la clef, cette exploitation optimisée des caractéristiques d’un territoire permet une réduction des coûts de production et un prélèvement de ressources moins lourd.

Au-delà du cycle de production, l’économie circulaire repose sur une série de principes qui tous, participent à allonger la durée de vie des produits. Un objectif qui peut être atteint en facilitant leur réparation par les consommateurs ou en permettant leur réemploi ou leur réutilisation : en relançant dans le circuit économique des produits qui ne correspondent plus aux besoins du consommateur initial, ils connaissent alors une seconde jeunesse. C’est le cas d’un pneu de voiture qui même usé, peut être utilisé sur un autre véhicule (réemploi) avant que sa chambre à air ne serve de bouée ou de protection le long d’un quai (réutilisation).

En fin de cycle, le recyclage ne conserve que la matière : notre fameux pneu sera broyé pour en récupérer une poudrette de caoutchouc réutilisable comme matière première ainsi que du fil métallique qui pourra être fondu et réutilisé. Et ce n’est toujours pas fini : ultime stade du cercle vertueux, la valorisation permet encore d’exploiter le contenu énergétique de la matière. Des poussières de bois issues d’un process de production peuvent par exemple finir incinérées dans l’entreprise en vue d’une substitution aux combustibles « non renouvelables ».

Protectrice des ressources, l’économie circulaire n’oublie pas de cibler une rentabilité économique.  Au niveau de l’entreprise, la démarche permet une réduction des déchets et des rejets et à plus ou moins court terme, une baisse de ses coûts de production.  Tout cela en répondant à l’évolution de la réglementation et à une exigence croissante de la part des consommateurs et de la société.

Des structures vous accompagnent

  • Le Cd2e : aide à la création, mutation écologique, études de filières… Ce pôle régional installé à Loos-en-Gohelle et dédié aux éco-activités accompagne les entreprises qui s’interrogent sur l’écoconstruction, la gestion de l’eau et de l’énergie, les éco-matériaux le recyclage et la valorisation des déchets…
  • Team2: ce pôle de compétitivité  fédère des entreprises, de toute taille, des laboratoires de recherche et des établissements de formation. Il développe la recherche et les applications industrielles dans le domaine des écotechnologies, des éco-matériaux, du recyclage et la dépollution. A la clef, 55 projets déjà labellisés en 6 ans.
  • [avniR] Concentrée sur l’Analyse du Cycle de Vie (ACV), la plateforme [avniR] travaille dans une dynamique collaborative avec les pôles et les clusters, l’enseignement supérieur, les laboratoires et les partenaires institutionnels dans les Hauts-de-France, mais aussi à l’étranger.
  • Syneo: Installé à Valenciennes, le pôle Synéo permet aux entreprises membres de faire progresser leur performance de façon durable : pratiques managériales, compétitivité économique et pérennisation de l’activité, mise en œuvre de l’écologie industrielle…
  • Ecopal: fondée dès 2001 à Grande-Synthe, l’association Ecopal participe à la transition du bassin industriallo-portuaire du Dunkerquois. Observatoire autant que créateur de liens entre les acteurs privés et publics, Ecopal fédère déjà plus de 450 entreprises.
  • Enfin, la CCI Nord de France propose des accompagnements méthodologiques au déploiement de l’économie circulaire.  Cette méthodologie s’appuie sur l’alternance de phase collectives (en groupe de 5 à 8 entreprises) et de phases individuelles afin de coller au mieux aux besoins des entreprises. Le but, in fine, est de co-écrire avec l’entreprise sont plan d’action pour les prochaines années à venir et ensuite l’aider dans le déploiement des actions au quotidien.
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