Bâtiment à énergie positive : le Nord de France en pointe

Des bâtiments verts, qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment ? C’est très rev3 et le Nord Pas de Calais – Picardie abrite déjà plusieurs de ces BEPOS – pour Bâtiment à Energie POSitive. L’occasion d’un retour en plusieurs volets sur les plus marquants, qu’ils soient déjà opérationnels, en cours de construction ou en projet. Premier épisode : les Archives départementales du Nord, dans le quartier d’Esquermes, à Lille.

Les Archives nationales mises à part, les Archives départementales du Nord représentent le fonds le plus important de France. Si la décision de construire de nouveaux locaux date de 2006, les travaux ont commencé en 2012 pour les magasins. Les aménagements extérieurs datent du printemps 2014, l’inauguration du mois de juin de la même année. Avec ses 10.000 mètres carrés et ses sept niveaux, les nouveaux rayonnages peuvent abriter près de 80 kilomètres de documents dans un bâtiment unique en France. L’occasion d’un premier retour d’expérience après 18 mois de fonctionnement, en compagnie de sa directrice, Mireille Jean.

Technologies de pointes, hauts niveaux de performance

« En dehors d’événements particuliers comme les Journées du Patrimoine, ces locaux ne sont pas destinés à accueillir du public mais les documents eux-mêmes, accessibles aux archivistes et aux chercheurs« , explique Mireille Jean précisant que les pièces gérées par ses salariés datent du IXe siècle  à nos jours. « Le bâtiment est conçu du sol au plafond pour protéger nos stocks tout en respectant les principes du développement durable  » ajoute la directrice.

Du toit, recouvert de 300 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, au sous-sol où se trouve la seule machine du bâtiment, rien n’a été laissé au hasard. Un défi d’autant plus complexe qu’archiver des documents aussi variés (nature, époque, supports…) suppose de grandes précautions dans le maniement comme dans les conditions de température et d’hygrométrie. Avant de parler de conservation, le déménagement prenait déjà des allures de casse-tête: « une variation de quelques degrés peut suffire à abimer des documents fragiles, souvent humides : déménager des archives, c’est déménager de l’eau… » sourit Mireille Jean, précisant que la  livraison du bâtiment, en hiver, l’a conduit à repousser de quelques mois le transfert des documents afin d’éviter des contrastes de température trop brutaux. « On ne peut jamais jurer de rien mais plusieurs saisons ont varié, dont des périodes estivales toujours délicates et nous n’avons connu aucun problème grave« .

Hygrométrie et température maîtrisées

Tout s’est déroulé sans encombre et l’ensemble des pièces stockées dans l’ancien bâtiment sont désormais chouchoutées dans un bâtiment de 10.000 mètres carrés, à la pointe de la technologie. De quoi permettre des économies ? « En tant qu’archivistes, nous sommes préoccupés par le coût de la conservation et plus particulièrement le coût des systèmes de climatisation. L’une des réussites de ce projet, c’est qu’il s’appuie sur des technologies modernes pour réduire la facture énergétique tout en garantissant la qualité de la conservation« .
Autrement dit, au lieu de viser une température immuable à grand renfort de  climatisation – un système coûteux et risqué en cas de panne – on se concentre sur les « chocs thermiques ». Le nouveau bâtiment est conçu pour laisser la température varier entre 16 et 25°, mais sans jamais osciller de plus d’un degré chaque jour. Le tout grâce à son épaisseur, sa stricte étanchéité, des triples vitrages, une menuiserie isolante et une « peau » d’inox qui reflète le rayonnement solaire.

Au final, une unique machine de… 18 kilos suffit à contrôler le « climat » du bâtiment. Son rôle ?  Maîtriser l’air qui y entre et en sort sur un échangeur à double flux : la chaleur véhiculée par l’air sortant est récupérée pour réchauffer l’air apporté. De quoi contrôler la température – et un taux d’hygrométrie qui doit se situer entre 45 % et 55 %. Mieux : cette chaudière à « cogénération » utilise de la combustion d’huile végétale renouvelable. Vert jusqu’au bout…

En chiffres

80 : en kilomètres, la longueur des linéaires de rayonnages dans le nouveau bâtiment. C’est 25 kilomètres de plus que dans les locaux précédents mais les rayonnages sont déjà occupés à 75 %

33 : en millions, le prix du projet financé à 90 % par le Département du Nord

10 000 : en mètres carrés, la surface du nouveau bâtiment

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