Smart farming : l’ISA, Weenat et Bonduelle main dans la main sur la recherche

Systèmes embarqués, logiciels et algorithmes, drones et robots agricoles… L’agriculture connectée modifie profondément les pratiques des exploitants, tous métiers confondus. Au cœur de ces mutations, l’ISA-Lille ne se contente pas de former les futurs ingénieurs d’un secteur primaire en pleine évolution : en partenariat avec des exploitants, des industriels et des start-up, elle participe à différents projets conçus pour favoriser le développement d’une agriculture responsable. Dernier exemple en date : le projet SFIM.

Eau, herbicides… Réduire les intrants en agriculture relève de l’enjeu environnemental autant qu’économique. Initialement lancé à l’été 2015 sous l’impulsion du Pôle Légumes Région Nord, le projet SFIM (Smart Farming for Input Mitigation) repose sur l’idée que le smart farming peut permettre de réduire les apports hydriques et la consommation d’herbicides dans le domaine maraîcher, en l’occurrence dans la culture des haricots, carottes et autres flageolets.

A terme, SFIM doit aboutir à la commercialisation d’une plate-forme web capable de traiter en temps réel les informations recueillies, donc d’offrir aux producteurs un outil d’aide à la décision utile pour calculer au plus près l’irrigation et les quantités d’herbicides nécessaires aux plantes. Le tout permet de réduire progressivement les volumes utilisés dans leurs cultures maraîchères (haricots, flageolets, carottes…), donc les coûts de production et l’impact environnemental.

Des attentes complémentaires

Soutenu par le CTIFL (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes) et par FranceAgriMer, l’organisme public chargé de la gestion des aides publiques nationales et européennes, le projet embarque plusieurs partenaires. Tous sont concernés directement ou indirectement par le projet, à commencer par le groupe Carré, dont le robot-bineur connecté Anatis embarque les capteurs destinés à fournir des informations sur le besoin en eau des plantes.

Autre société impliquée, la start-up lilloise Weenat, spécialiste des capteurs intelligents. Pour elle, SFIM est l’occasion de tester et d’améliorer ses pluviomètres connectés sur les parcelles de la cinquantaine de producteurs impliqués dans le projet. Grâce à ces outils, chaque maraîcher peut collecter des données météorologiques précises sur leur terrain.

De son côté, l’ISA est plus particulièrement concerné par le volet « eau » du projet en lien étroit avec le groupe Bonduelle, très demandeur de solutions capables d’aider ses fournisseurs à améliorer leurs modes de production. « Bonduelle est très impliqué dans la recherche et le développement », souligne Géry Capelle, responsable technique et R&D au sein du service agronomique de Bonduelle ; « notre partenariat avec l’ISA nous permet d’aller plus loin et de trouver des solutions capables d’optimiser les pratiques agricoles tout en respectant l’environnement ». En l’occurrence, « valider et déployer un bilan hydrique pour les cultures de haricots », explique Bertrand Vandoorne, enseignant-chercheur à l’ISA. « Nous apportons un accompagnement agronomique et technique à ce projet qui peut intéresser 450 producteurs pour une surface potentielle de 6 000 hectares au nord de Paris ». Voire davantage si les solutions apportées SFIM pouvaient à terme concerner d’autres types de légumes : la surface concernée représenterait alors autour de 30 000 hectares.

Entamé en mars 2016, ce projet d’un coût global de 444 000 euros – dont 200 000 euros financés par le Programme d’Investissement d’Avenir – est lancé pour 18 mois, une durée que souhaiterait étendre Bertrand Vandoorne : « prolonger le projet jusqu’à l’année prochaine permettrait de disposer d’un bilan sur deux saisons pleines, donc d’affiner l’outil ». A des essais en micro-parcelles succède une phase d’industrialisation pour une mise sur le marché des produits prévue à partir de 2017/2018.

L'ISA, des ingénieurs pour la terre

Née en 1963, l’ISA-Lille (Institut Supérieur d’Agronomie) propose une large gamme de formations aux métiers de l’ingénieur dans le domaine de l’agriculture et du vivant. Elle propose aux entreprises des activités de recherche et de conseil dans le secteur de l’agriculture, de l’agro-alimentaire de l’environnement et du paysage. Avec HEI et l’ISEN Lille, l’ISA forme le groupe Yncréa Hauts-de-France, premier pôle d’enseignement supérieur associatif à but non lucratif de France. Ensemble, les trois écoles comptent 4 000 étudiants, 25 000 diplômés, 400 salariés et 23 laboratoires de recherche, dont 4 avec le CNRS.

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