#rev3 d’ailleurs : question énergie solaire, l’Inde en connaît un rayon !

Troisième émetteur de gaz à effet de serre du monde, l’Inde affronte des problèmes de pollution atmosphérique de plus en plus lourds – en cause, une production d’énergie électrique assurée aux deux tiers par des centrales à charbon. Bien décidée à prendre le taureau par les cornes, la plus grande démocratie du monde parie sur le développement de l’énergie photovoltaïque. Et avance à pas de géant.

L’épisode de pollution aux particules fines qu’a connu New Dehli fin 2016 a sonné comme une alerte : en novembre, la capitale a subi un épisode de pollution aux particules fines impressionnant, caractérisé par des taux 20 fois supérieurs aux seuils de dangerosité fixés par l’OMS. A l’échelle du pays, le problème ne risque pas de se résoudre de lui-même dans la mesure où 300 millions d’habitants doivent encore être raccordés aux réseaux électriques, avec à la clef une explosion de la demande d’énergie.

Face à ce problème sanitaire majeur qu’on retrouve dans la plupart des métropoles du sous-continent indien, les autorités affichent des objectifs ambitieux. Lors de la COP21, New Dehli s’est ainsi engagée à multiplier sa production d’énergie solaire par… 25 en sept ans, pour en faire la deuxième source d’énergie du pays avec une puissance installée d’environ 100 GW.

Politiques incitatives et baisse des prix

Depuis, tout le pays s’est lancé dans la course au solaire, poussé par une politique largement incitative, axée sur une série de réductions fiscales massives accordées aux grands installateurs comme ACME ou Adani. Le tout doublé d’un dispositif d’enchères inversées : la construction des centrales est accordée aux compagnies qui s’engagent à produire l’électricité la moins chère pour les consommateurs.

Un troisième élément a joué dans le rapide développement du solaire indien : la baisse sensible – 25 % en un an – du coût des panneaux principalement fournis par la Chine. Ces derniers représentant 60 % environ du coût de construction d’une ferme solaire, la chute du coût de l’énergie solaire se retrouve de manière sensiblement proportionnelle dans les factures : le 10 février, ACME a remporté un contrat en annonçant un tarif de 2.97 roupies/KWh, soit 4 centimes d’euro. De quoi faire du photovoltaïque l’énergie la moins chère dans plusieurs États de la république fédérale, d’autant que certains constructeurs se sont lancés dans la production de panneaux solaires, pour cesser de dépendre du voisin chinois.

Giant photovoltaic array

Records en série

Dans le sud de l’Inde, particulièrement ensoleillé, les projets les plus gigantesques rivalisent. A 150 kilomètres au sud de Bangalore, ACME a inauguré en avril 2016 une ferme de 345 000 panneaux solaires – de quoi produire 50 mW et alimenter 100 000 foyers ruraux sur un rayon de trente kilomètres. Facile à entretenir, la centrale emploie une quinzaine d’employés à peine, pour l’essentiel chargés de vérifier que les robots nettoient correctement les panneaux ou d’intervenir en cas de baisse de tension, souvent due à un câble défectueux. Une cinquantaine de personnes, tous recrutés dans les villages alentour, sont régulièrement sollicités pour couper les herbes lorsqu’elles atteignent une taille assez importante  pour faire de l’ombre sur les panneaux.

Impressionnant, mais largement dépassé depuis par son concurrent Adani, qui vient d’inaugurer au sud-est du sous-continent, à Kamuthi, la plus grande centrale solaire du monde, loin devant le précédent détenteur du titre, la Topaz Farm californienne. Et les chiffres donnent le tournis : 639 millions d’euros d’investissements, 10 kilomètres carrés, 2,5 millions de capteurs, 6000 kilomètres de câbles et 648 MW – de quoi alimenter 150 000 foyers. Le plus impressionnant ? La centrale a été construite en… huit mois.

Bilan des courses : alors que l’Occident marque le pas en matière d’énergie solaire, l’Inde a doublé ses capacités en un an pour passer le cap des 10GW en début d’année, un volume qui devrait être multiplié par deux d’ici décembre. Le pays est aujourd’hui le 7e producteur mondial d’électricité solaire, devant la France…

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