BeeCity redonne leur place aux abeilles

Elles sont à l’origine d’un tiers de notre alimentation : en butinant, les abeilles assurent la fécondation d’une grande partie de  nos fleurs et de nos légumes. Et pourtant, menacée par l’impact des pesticides, l’apiculture française souffre… Mais rien n’est perdu grâce entre autres aux initiatives de passionnés comme Sylvain Breuvart. Son entreprise, BeeCity, remet l’abeille au cœur des villes, des entreprises et des préoccupations.

apiculteur BeeCity en plein contrôle de sa ruche

Sensibiliser à la biodiversité et favoriser le lien social dans l’entreprise : en créant BeeCity en mars 2013, Sylvain Breuvart a trouvé un lien entre sa passion personnelle pour l’apiculture et les attentes de dirigeants d’entreprise de plus en plus sensibles aux enjeux de la RSE. D’où l’idée de BeeCity : partir des abeilles – animal social et organisé par excellence – pour réunir les équipes autour d’un projet pédagogique, utile et fédérateur…  A l’origine de la société, installée au cœur de l’Ecopark de Wambrechies, une idée simple : BeeCity propose aux entreprises et aux collectivités locales d’installer des ruches sur leurs sites – trois au moins, histoire de réunir une population de 200 000 abeilles environ – avant de construire tout un parcours autour de l’initiative : conférence de lancement devant les salariés, visites de suivi, ateliers pédagogiques et récolte sur le site de l’entreprise du miel produit, remis ensuite aux collaborateurs. Un pot par an et par personne !

Sylvain Breuchart et son salarié se chargent des soins et de la surveillance des ruches, louées pour un somme de 900 € par an par essaim. Pour l’entreprise, c’est une manière de développer du lien tout en sensibilisant leurs équipes aux enjeux de la biodiversité et de la pollinisation. Une pédagogie de la nature qui s’étend souvent aux enfants des salariés, aussi vite passionnés que leurs parents par le mode de vie des petits insectes qui leur bourdonnent sous les yeux. De quoi casser quelques clichés sur un insecte à tort associé aux guêpes : contrairement à ces dernières, les abeilles ne sont pas agressives. Elles ne piquent qu’en dernier recours et se contentent de butiner tranquillement dans un rayon de trois kilomètres : parcs, jardins, balcons…

Rucher_composé_de_ruches_et_ruchettes

Enjeux sociaux, enjeux écologiques

Derrière l’originalité de la démarche perce un enjeu tout ce qu’il y a de plus grave. Apparues voici 100 millions d’années, les abeilles sont aujourd’hui victimes de la pollution et des pesticides, au point que certains redoutent la disparition pure et simple de certaines variétés, voire de l’espèce toute entière : en France, 20 à 30 % des colonies d’abeilles disparaissent chaque année… Dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, deux des territoires les moins boisés de France, le problème se double d’un manque de plantes et de de fleurs pour des populations d’abeilles qui finissent par se trouver moins à l’aise dans les campagnes qu’en ville, où elles trouvent un climat plus doux et des plantes moins chargées de pesticides – un comble pour cet apiculteur passionné, bien décidé à renverser la vapeur.

Depuis 2013, une cinquantaine d’entreprises et de structures des Hauts-de-France se sont lancées comme l’entreprise de BTP Loison, à Armentières, la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la Côte d’Opale ou EDF, à Lille : en mai 2014, l’un des sites du groupe accueilli 250 000 abeilles pour un projet vertueux de A à Z. Fabriquées par l’Association des Paralysés de France pour favoriser l’emploi des personnes handicapées, les ruches ont permis la récolte d’un miel revendu ensuite au personnel. La somme réunie a été reversée à l’association Ludopital, tournée vers les bien-être des enfants hospitalisés.

Quant aux entreprises dont le site ne permet pas l’installation de riches pour des raisons pratiques ou réglementaires, BeeCity a imaginé un système de parrainage, qui permet aux dirigeants de financer l’installation de colonies d’abeilles chez des apiculteurs locaux, contre la remise d’une cinquantaine de pots de miel après la récolte.

Sentinelles de l’environnement

En se développant, BeeCity a élargi son portefeuille de services. L’entreprise fait partie du premier groupe de bio-surveillance des sols, de l’eau et de l’air par l’abeille, tirant partie des qualités d’un insecte qui est une excellente sentinelle de l’environnement, cent fois plus sensibles aux polluants que les autres insectes. En butinant, les ouvrières échantillonnent littéralement les polluants du sol au travers du nectar, du pollen et du miellat qu’elles récupèrent sur les plantes et les arbres.

En partenariat avec le bureau d’études spécialisé avec Apilab, le dispositif, qui repose sur un réseau d’un millier de ruches, permet l’analyse des polluants présents sur les insectes et permettent de détecter et de mesurer la présence de métaux lourds, de dioxines d’HAP et de PCB ou de particules fines. La production d’un kilo de miel supposant la visite d’un million de fleurs (!), les abeilles permettent une vigilance véritable et fine de l’état de l’environnement dans un rayon de trois kilomètres autour de chaque ruche…

une abeille butinant
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